Burkina Faso : cri de cœur d’un Burkinabè.

Un citoyen burkinabè interpelle le président du Faso à relever le dramatique défi qui se pose au pays.

« 4 octobre 2018. De ce que je sais, pour la première fois depuis l’indépendance, des missiles français sont tirés sur le sol burkinabè.

2 mars 2018. Je revois encore l’image de cet hélicoptère militaire français en mission de combat qui se pose en plein jour, en terrain conquis, dans le périmètre de Premier ministère. Parce que nous n’avons pas pu protéger les nôtres, et encore moins, nos hôtes.

Aujourd’hui, j’apprends que 3 avions de guerre français ont arrosé la forêt dans la région de Pama. Un véhicule de l’armée française venait de sauter sur une mine à Kaboanga.
Ces derniers jours, c’est presque quotidiennement que des militaires, gendarmes et policiers payent le prix fort au front.

Burkinabè de tout bord, le pays est en guerre. Face à nos limites objectives, des puissances étrangères sont en opérations militaires sur notre sol. Le Burkina Faso joue sa survie. Les slogans et autres déclamations du genre « on reste debout », « on ne cédera aucun centimètres carré », ces slogans là ne vont pas nous sauver.

Que faire alors ?

Monsieur le président du Faso, je suis Yacouba Ouédraogo, un de vos 20 millions de compatriotes, citoyen jouissant de toutes ses facultés mentales. Je n’ai pas la solution, mais ensemble, nous l’avons. Je vous exhorte à entamer instamment des rencontres avec vos amis, vos adversaires, vos ennemis, parce qu’il s’agit de sauver plus important que chacun de nous, le Burkina Faso.

Recevez chaque individuellement chef de parti politique, recevez « nuitamment » des gens s’il le faut. Faites leur part de vos propositions pour nous sortir de cet impasse, recevez les leurs et, à la suite, adressez vous à la nation pour indiquer le nouvel engagement dans lequel chaque Burkinabè se sentira interpellé et engagé pour relever le dramatique défi qui se pose à nous, individuellement et collectivement.

Monsieur le président, le peuple, ce n’est ni ceux qui vous soutiennent, ni ceux qui vous combattent. Le peuple, c’est ceux qui vous soutiennent et ceux qui vous combattent, pris en ensemble. Soyez donc ce général à la tête du peuple, et cette armée marchera sur tout.

Je ne serai pas plus long, Monsieur le président. Et je ne dirai pas le « dieu sauve le Burkina ». Ma prière est une conviction: que les Burkinabè sauvent le Burkina, avec les ressources que Dieu leur a gracieusement mis à disposition

Source :Yacouba Ouédraogo

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